Les personnes avec autisme appréhendent le monde qui les entoure de manière particulière.
Il est souvent difficile, pour eux, d'évoluer dans un univers dont ils ne maîtrisent pas tous les paramètres, entraînant alors des incompréhensions, des réactions de frustrations, des troubles de la relation.
Les outils visuels mis en place, vont permettre de :

  • réduire les angoisses,
  • de rendre compréhensible et prévisible l'environnement et ainsi d'avoir un comportement socio-adaptatif plus approprié.

Ces outils doivent être ajustés à la personne avec autisme, elle doit donc participer au maximum de ses compétences à leur élaboration et mise en place. Cette dernière se fera progressivement en suivant le rythme de l'enfant ou de l'adulte avec autisme. La répétition aidera leur assimilation.

Avant de mettre en place une structuration visuelle, il est important de réfléchir aux objectifs à atteindre et à l'intérêt pour le jeune avec autisme. Il est conseillé de commencer par un outil, et d'en installer un nouveau une fois que le premier a été totalement intégré.
Les supports doivent être évolutifs et actualisés en fonction des progrès et des besoins des jeunes avec autisme.

Les situations expliquées dans les onglets ci-dessous ne sont que des exemples de ce qui peut être mis en place auprès d'un enfant ou d'un adulte avec autisme. Nous laissons le soin à chacun de s'approprier le principe et de le décliner selon ses propres idées ou envies.

Un lieu = une fonction définie

Le fait de structurer l'espace (de travail, de jeu, de repas,...) donne des points de repères afin de mieux se situer dans les différents endroits (un lieu = une fonction définie). Les personnes avec autisme pourront alors comprendre la signification du lieu et être plus autonomes dans leurs déplacements.

Un lieu = une représentation

Ainsi, l'espace est divisé en lieux significatifs, représentés par un objet, une photographie ou un pictogramme accroché à la porte ou à l'entrée, afin que les jeunes associent le lieu et sa représentation (qui pourra être mise sur son emploi du temps).

Il est conseillé de favoriser un lieu avec peu de stimulations sensorielles (lorsque les zones sont bruyantes ou trop chargées en objets ou meubles, les jeunes peuvent être parasités et perturbés par cet afflux de stimuli visuels ou auditifs).

Les personnes avec autisme ont souvent des difficultés à percevoir le sens de ce qui leur est demandé. Il est donc important de simplifier les tâches au maximum, voire de les décomposer en sous-étapes signifiantes, à l'aide de supports visuels (pictogrammes, photos, représentations en trois dimensions, écrits, gabarits...).

Structurer une séquence d'action au maximum pour la rendre claire et perceptible augmente leur niveau de compréhension et donc de réalisation, ce qui les rend par la suite plus autonome.

Sur une tâche à effectuer, il est conseillé de préparer le matériel strictement nécessaire à l'activité. Cela permet à la personne de pouvoir anticiper le déroulement : ainsi, une fois que tout le matériel a été utilisé, l'activité est terminée. S'il reste des éléments non utilisés, cela peut entraîner des incompréhensions.

Il est conseillé de favoriser un lieu avec peu de stimulations sensorielles (lorsque les zones sont bruyantes ou trop chargées en objets ou meubles, les jeunes peuvent être parasités et perturbés par cet afflux de stimuli visuels ou auditifs).
Certains jeux (ou consignes) doivent être adaptés afin de prendre sens pour la personne avec autisme. Une fois que celle-ci porte intérêt à ce qu'on lui propose et en saisit la signification, il est possible de complexifier la tâche progressivement, en suivant son rythme d'apprentissage.

Le fait de pouvoir visualiser concrètement le temps qui passe, permet aux personnes avec autisme de mieux comprendre le déroulement des différents événements, de pouvoir anticiper les changements d'activités et de lieux, et donc de limiter les angoisses produites par le manque de repères.
L'emploi du temps peut prendre plusieurs formes selon le niveau de la personne : il peut être :

  • réalisé à l'aide d'objets signifiants pour la personne, de photos réelles, de pictogramme, de mots...
  • installé à un endroit fixe, auquel la personne avec autisme se rendra pour prendre les nouvelles informations à chaque changement ou à chaque fois que nécessaire.
  • mobile, et transportable, sous la forme d'un classeur, d'une petite plaque ou d'une bande d'action, ce qui permet à la personne de l'avoir en permanence avec elle.
Chaque fois qu'une activité est terminée, le support la symbolisant doit être enlevé ou caché, afin que l'écoulement du temps prenne son sens.
Image d'un Time timer

Pour symboliser le temps qui passe, il est possible d'utiliser une horloge visuelle (style TIME TIMER)

Elle permet aux personnes avec autisme d'évaluer la fin d'une échéance sans forcément maîtriser la notion abstraite du temps.
Cet objet peut ainsi être utilisé pour signifier la fin d'une activité ou pour patienter lors de moments d'attentes ou de transitions, avant le début d'une autre activité.
Il est cependant fortement conseillé de respecter la fin de la zone rouge, et donc d'arrêter la séance ou de commencer celle qui est prévue, pour permettre l'intégration de ce système ou éviter les troubles du comportements.
L'outil demande donc une vigilance de la part de l'entourage.

Il est important de proposer un moyen de communication aux enfants et adultes avec autisme qui leur permettent d'échanger avec les personnes extérieures.
Pour faciliter la communication expressive, il est possible d'utiliser un support signifiant (objet, image, pictogramme, ...) qui permettrait à l'enfant ou l'adulte de faire une demande à l'adulte.

Cet échange doit souvent d'abord passer par un apprentissage, afin que la personne avec autisme fasse le lien entre sa demande, le support qu'elle tend ou montre et la réponse obtenue.

La méthode P.E.C.S.? est un exemple de ce qui peut être proposé mais il est également possible de s'en inspirer et de l'adapter aux besoins du jeune avec autisme.
Ce qui est important, c'est que quelque soit les supports visuels utilisés, ils doivent être mis à disposition constante du jeune, afin qu'il puisse s'en servir dès qu'il en ressent le besoin.

Pour améliorer la communication réceptive (compréhension), il est également possible d'utiliser les supports visuels en renfort du langage verbal afin que les consignes orales prennent plus de sens. Il est conseillé de mettre en place des outils équivalents à ceux de la communication expressive (par exemple : si le jeune a un niveau objet en expressif, qu'au niveau réception, les objets soient également utilisés).
Le langage oral doit toujours accompagner la présentation de supports visuels, par des phrases courtes, en associant toujours le même mot à un même élément concret, et bien sûr en félicitant et gratifiant les jeunes avec autisme à chaque utilisation/demande.
Le canal visuel est un canal sensoriel souvent plus pertinent que le canal auditif, car plus performant. De même grâce à l'élément visuel, l'information reste présente et ne 's'efface' pas.